Accueil de migrants sur le campus grenoblois !

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L’UNEF Grenoble salue l’initiative d’accueil temporaire de migrants et du dispositif d’accompagnement mis en place sur le campus ainsi que l’engagement de la communauté universitaire. Cette annonce lors de la réunion publique du 10 octobre à l’amphi Weil a aussi été saluée par les nombreux étudiants, personnels et enseignants présents.
Nous sommes loin d’un sentiment de peur comme voudraient nous le faire croire les responsables de l’UNI Grenoble et des Jeunes Républicains de l’Isère. Leur lettre ouverte au préfet de l’Isère parue la semaine dernière appelle une réponse tant les propos laissent interrogateurs.
1) Les deux responsables, portant la voix de leur organisation démontrent de façon tautologique que « jusqu’à ce que leur demande d’asile soit étudiée et acceptée, [ils seront] des étrangers en situation irrégulière ».
–> Oui les personnes qui seront accueillies sont là de façon provisoire, le temps que leur demande d’asile soit étudiée (pas plus de 3 à 6mois) et donc seront en attendant par définition en situation irrégulière sur cette période. La demande d’asile est un droit. Seulement au lieu d’être retenus dans des camps ou des lieux insalubres et inhumains, ils pourront vivre pendant quelques temps dans des conditions décentes. Quant à leur nombre, rapporté au nombre total de la population iséroise ou même grenobloise, il est infime.
2) Les deux signataires de la lettre ouverte semblent également s’étonner que « seulement un faible pourcentage viendrait de Syrie ».
–> Oui les personnes qui seront accueillies ne viennent pas forcément de Syrie. Aussi tragique que soit la situation syrienne, ce n’est malheureusement pas le seul pays dans le monde où les citoyens sont obligés de fuir pour espérer mener une vie meilleure ailleurs sans avoir à subir, guerre, famine ou dictature. Précisément, les migrants accueillis viendraient d’Erythrée et d’Afghanistan, un pays en proie à une dictature sanglante, et un autre à une guerre de longue date.
3) Par ailleurs, l’UNI Grenoble et les Jeunes Républicains de l’Isère font preuves d’irresponsabilité. Ils agitent la peur en suggérant que ce ne sont pas des migrants au parcours de vie chaotique et à la recherche d’un avenir, qui seront accueillis sur le campus, mais forcément des agresseurs en puissance, car « des hommes seuls » peuvent « représenter un danger pour les citoyens ».
–> Oui les personnes qui seront accueillies seront des hommes seuls, parce que les locaux disponibles ne permettent pas d’accueillir des familles. Et oui ils seront libres de leurs mouvements parce qu’ils ne sont ni prisonniers ni coupables de quelconque comportement répréhensible, mais dans une situation transitoire, à la recherche d’une vie plus stable loin du malheur qui a causé leur départ de leur pays d’origine.. Or c’est une réalité que les attaques anti migrants se répandent. Récemment, des coups de feu et des inscriptions hostiles ont été observés dans le second site isérois destiné à accueillir les migrants, mais aussi dans un centre similaire en Loire-Atlantique et un incendie volontaire en Essonne.
Nous regrettons que l’UNI et les Jeunes Républicains tentent d’opposer les uns contre les autres les migrants et les étudiants, qui seraient selon leurs dires lésés par cette initiative. En réalité la tour ARPEJ sur le campus qui logera les migrants n’accueillait déjà plus d’étudiants, car si le lieu est aux normes de sécurité il est prévu de le détruire car son architecture est obsolète (toilettes et douches communes). Il était donc disponible pour une période temporaire pour accueillir cette initiative, même pour des individus qui ne peuvent pour le moment ni étudier ni travailler du fait de leur statut.
D’autres part, ces organisations ont beau jeu de « défendre » ici les étudiants qui luttent financièrement pour pouvoir accomplir leurs études, alors que par ailleurs, elles militent pour l’abolition du système d’aide social pour les étudiants et la mise en place de sélection.
A la lecture de cette lettre nous ne pouvons que conseiller à l’UNI Grenoble et aux Jeunes Républicains de l’Isère de réfléchir sur les motivations de ces réfugiés et demandeurs d’asile de quitter leur pays, de se souvenir de la propre histoire migratoire européenne et de s’interroger sur le message que leurs propos accusateurs véhiculent aux migrants passés, présents et futurs.
Pour notre part, ce n’est pas de cette société méfiante et fermée que nous voulons.
UNEF Grenoble

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