Loi Travail : 4 mois plus tard, toujours Non Merci !

Quatre mois de mobilisation déterminée (9mars-5juillet)
Cela fait maintenant près de quatre mois que la mobilisation contre la Loi Travail a commencé, et que nous sommes mobilisés aux côtés des syndicats professionnels et des autres organisations de jeunesse, pour le retrait sans condition de ce texte. Le projet de loi a rencontré une opposition d’ampleur et déterminée. Plus de 70% des français y sont opposés, 1,3 millions de personnes ont signé la pétition en ligne LoiTravailNonMerci, et autant sont descendus dans la rue pour faire entendre leur voix. Le 31 mars et le 14 juin ont constitué des journée de mobilisation d’ampleur avec plus d’un million de manifestants partout en France. Entre ces temps forts, la mobilisation est restée constante avec, à Grenoble, toutes les semaines, des manifestations entre 3000 et 5000 personnes depuis le 31 mars jusqu’à début juillet.
Motivé-es contre la précarité à vie #LoiTravailNonMerci
En effet, ce projet, s’il était adopté, entrainerait une augmentation de la précarité et une dégradation des conditions de travail (augmentation du temps de travail, baisse des salaires, risque de licenciement plus grand et fin de l’égalité entre les travailleurs avec des règles variables selon les entreprises). En tant que jeunes, nous sommes déjà confrontés à la précarité (50% des étudiants sont obligé de travailler pour financer leurs études, et il y a un taux de chômage de 25% chez les jeunes à leur entrée sur le marché du travail). Nous ne voulons pas d’une précarité à vie et de cette régression de droits issus de décennies de conquêtes sociales. Ce sont nos droits et notre avenir qui sont en jeu, d’où notre engagement contre la Loi Travail.
IMG_20160512_114518
Le mépris et le déni de démocratie du gouvernement  #Alerte49-3
Face à notre détermination, le gouvernement est resté sourd. Pire, il pratique le déni de démocratie, en passant en force, quand il fait le choix d’utiliser le 49-3 à l’Assemblée début mai. En forçant l’adoption du texte, il a fait aveu de faiblesse en démontrant son incapacité à rassembler sa propre majorité. Nous condamnons cet acte antidémocratique qui nie toute possibilité de dialogue social et qui participe à l’augmentation des tensions dans le pays. Après un passage au Sénat, où les sénateurs de droite en ont profité pour retravailler le texte dans une optique toujours plus libérale, le texte doit revenir à l’Assemblée début juillet, et Manuel Valls a prévu d’utiliser le 49-3 de nouveau pour expédier l’adoption du texte. Nous le répétons, bien que légal (mais à vocation exceptionnelle), l’utilisation de cet outil parlementaire constitue un coup porté 1° à la démocratie parlementaire, le gouvernement choisissant de passer outre le débat parlementaire et outre les élus, 2° à la démocratie citoyenne, le gouvernement choisissant de faire le sourd face à quatre mois de mobilisation, et 3/4 de la population déclarant leur opposition au texte, et à l’utilisation du 49-3, 3° à des décennies de conquêtes avec la casse du code du travail (créé en 1910).
La mobilisation paye et doit continuer
Cependant, face au poids de la mobilisation, le gouvernement a fait quelques concessions en marge de la Loi Travail, notamment à l’égard de la jeunesse, qui représentent un investissement de 500 millions d’euros. Parmi les victoires arrachées par les étudiants figurent notamment des augmentations de bourses (tous les étudiants échelon 0 recevront 100€ par mois), et la création d’une « aide à la recherche du premier emploi » (maintien de la bourse étudiante 4 mois après l’obtention du diplôme). Ces avancées sont un premier pas, néanmoins nous devons rester vigilants pour que les annonces se concrétisent. Ces avancées sont également la preuve que la mobilisation paye, et qu’il faut continuer à se battre puisque le cœur du projet de loi n’a par contre pas évolué et représente toujours un énorme recul des droits des travailleurs.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *