Rendez EVE aux étudiants !

La gestion étudiante de EVE est menacée : l’UNEF appelle à la mobilisation

Lundi dernier (10 octobre), le Pôle de Recherche et de l’Enseignement supérieur (PRES) de Grenoble émettait un communiqué justifiant son choix de « ne pas lancer en l’état une nouvelle procédure de DSP [Délégation de Service Public] à l’issue actuelle, en février 2012 » pour la gestion de EVE, l’Espace de Vie Étudiante de Grenoble. Ou, en d’autres termes, de vider EVE de sa gestion étudiante. Face à cette déclaration, l’UNEF appelle à la mobilisation des étudiants, associations et acteurs politiques locaux pour sauver ce « fleuron de la vie étudiante locale ».

EVE, un modèle national de gestion étudiante…
Cela fait maintenant huit ans que EVE, l’Espace de Vie Étudiante de Grenoble, est géré avec brio par l’association étudiante Éponyme. Les Délégations de Service Public émises par les universités ont permis aux étudiants de se saisir d’un des aspects de leur quotidien, la vie associative et culturelle. Non seulement Éponyme a largement rempli ses missions qui lui étaient attribuées, mais elle est allée bien au-delà en ouvrant des services précurseurs (tels qu’une assistance informatique ou un accueil aux étudiants étrangers, repris par la suite par les services des universités) mais également en s’imposant comme un acteur culturel incontournable de l’agglomération.

Ce bilan n’est plus à démontrer : localement comme nationalement, le modèle EVE est présenté par les universités elles-mêmes comme un « fleuron de la vie étudiante » (pour preuve, le communiqué de presse du PRES du 10 octobre).

… qui souffre du désengagement des universités.
De leur côté, depuis plusieurs années, les universités ont su faire preuve d’habileté, d’ingéniosité et de mauvaise foi extraordinaires pour se désengager de leurs responsabilités vis-à-vis de ce lieu. Délais indécents et « erreurs de calcul » dans le versement des subventions, refus de proposer l’adhésion à l’association délégataire sur les chaînes d’inscription, non-indexation des subventions sur l’inflation, et dernièrement prolongation de dernière minute de la délégation sans contrepartie financière et sans prise en considération de la précarité des contrats de travail qui en découlait : les universités de Grenoble ont su s’approprier les résultats d’une gestion à laquelle elles ont sous certains aspects été de bien mauvaises élèves.

Malgré cela, de par sa gestion étudiante menée par Éponyme, EVE a réussi à tenir le cap : dans un contexte financier critique, le bâtiment est resté ouvert aux étudiants jusqu’à l’été 2011 (date prévue de la fin de la délégation de service public) en continuant à offrir un service culturel d’une qualité exceptionnelle, les événements s’y déroulant étant largement relayés par la presse locale. Mais face au refus des universités de répondre à la crise budgétaire, et surtout au coup de grâce qui a été asséné par la prolongation de six mois de la DSP, Éponyme a pris la lourde décision de fermer une partie de ses services.

Aujourd’hui, du fait du désengagement des universités, l’acteur principal de la vie culturelle et associative sur le campus grenoblois, EVE, voit sa qualité de service dramatiquement dégradée…

Les étudiants refusent d’assumer les erreurs des universités !
L’UNEF condamne avec force les déclarations émises par le dernier communiqué du PRES. Le message est triple :

1) Les universités continuent à se dérober de leurs responsabilités : en ne proposant aucune solution financière immédiate pour rouvrir les services de EVE aux étudiants, les universités font le choix de laisser à l’abandon la vie culturelle et associative sur le campus jusqu’en février prochain… et continuent pourtant à se gausser de la qualité de la vie étudiante à Grenoble !

2) Les universités ont choisi de vider EVE de sa gestion étudiante : l’abandon du système de DSP tel qu’évoqué dans le communiqué équivaut non seulement à un refus de la part des universités d’admettre les conséquences de leur politique, mais surtout laisse entendre que la gestion étudiante constitue le problème structurel de EVE. Nous refusons ce report de responsabilité sur les étudiants : si EVE a pu continuer à ouvrir ses portes avec une telle qualité de services, c’est grâce à sa gestion étudiante ; mettre un terme à cette gestion, c’est mettre un terme au projet EVE !

3) Les universités évincent les aspirations étudiantes du projet EVE : nous ne croyons pas aux promesses d’un nouveau projet construit et soutenu communément par les étudiants, les associations et les universités. La commission Vie étudiante du PRES, comprenant en son sein des représentants des universités, des collectivités territoriales et des étudiants, avait formé un groupe de travail chargé d’émettre des propositions sur la suite du projet EVE, en prenant en compte les difficultés auxquelles était confronté l’actuel délégataire. En refusant ces propositions, et en imposant un nouveau modèle de gestion restreignant la participation des étudiants, les universités ont fait le choix de ne pas tenir compte des aspirations étudiantes.

L’UNEF appelle à la mobilisation pour sauver la gestion étudiante de EVE
Le constat est clair : les universités, en s’obstinant dans leur autisme, ont pris le parti d’imposer un projet en contradiction avec les aspirations des étudiants. Aucune solution à court terme n’est proposée, et les perspectives à long terme, en voulant supprimer la gestion étudiante qui faisait la force de EVE, ne permettent d’attendre qu’une dégradation de la vie étudiante, culturelle et associative.

L’UNEF, première organisation étudiante, exige :

la mise en place d’un plan d’urgence par les universités, c’est-à-dire un versement immédiat des sommes manquantes à l’association Éponyme pour lui permettre de combler son déficit et de rouvrir dès maintenant l’ensemble de ses services aux étudiants

– le renouvellement de la Délégation de Service Public garantissant une gestion exclusivement étudiante du bâtiment, avec des financements pérennes adéquats.

Nous appelons l’ensemble des étudiants mais aussi des personnels et représentants politiques, à se mobiliser contre cette décision des universités afin de sauver le projet EVE, modèle de gestion étudiante.

Tous les mercredi à 18h, les usagers du bâtiment (étudiants, associations, spectateurs, clients du Grand Café…) se rassemblent à EVE pour organiser la mobilisation et faire entendre leur voix.

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